Cinémascope (3)
Me revoici, avec mes trois amis, assis dans la pénombre de cette chambre , salle de cinéma improvisée. Les yeux pratiquement collés sur « cet écran noir de nos nuits blanches. » Comme si elle était sous les ordres d’un metteur en scène invisible, la belle vint se poster au centre de la chambre, son magnifique fessier tourné dans notre direction, comme un défi, un une offre ! Elle parlait dans son portable. Je pensai : prends tout ton temps, ma chérie, laisse-nous apprécier ton cul comme il le mérite. Ecoute celui qui te parle ( ami ou chéri, qu’importe) laisse-nous assez de temps pour te dévorer des yeux. La conversation était plutôt agitée. La dame ponctuait ses réponses de grands gestes mais, elle demeurait sagement dans notre ligne de mire et c’était bien le principal ! Bon, je ne devais pas m’endormir, me laisser aller moi aussi à la contemplation béate. Je caressais les trois hommes qui s’étaient « mis à l’aise ». Je prenais grand soin de ne pas brusquer les choses, le trio était si excité par les images proposées qu’ils n’aurait pas profité bien longtemps de la séance. Ainsi, la scène n’était ponctuée que de petits « oh » et « ha » de bonheur, presque chuchotés, comme si nos amis redoutaient de voir s’envoler leur belle héroïne par leur réaction.
Lorsqu’elle balança enfin le portable sur le lit, les trois se redressèrent ensemble. Elle disparut dans la salle de bains, comme une ombre qui se glisse furtivement dans la nuit. Nous avions toujours l’image mais, dans le petit carré éclairé de la salle de bains, nous ne distinguions tour à tour, qu’une jambe, ou un bras qui apparaissait , comme dans un kaléidoscope d’enfant.
-C’est fichu, grogna un des trois hommes. Elle va prendre un bain.
-Mais, non, répondit le directeur, elle va revenir se déshabiller, tu verras .
On sentait dans le ton de sa voix qu’il priait en son for intérieur pour que le miracle se réalise. Et, il se réalisa ! Elle revint dans la pièce et notre écran s’illumina de nouveau. Elle portait toujours son magnifique pantalon mais elle avait abandonné le chemisiser dans la salle de bains. Quatre regards brûlants de fièvre se posèrent ensemble sur le soutien-gorge de la belle. Il n’était que dentelle ! Pendant que je cherchai dans quel magasin j’avais pu apercevoir ce modèle, me promettant de l’acheter au plus vite, les trois hommes s’occupaient eux, du contenant ! Ses beaux tétons pointaient gentiment entre les entrelacs de la dentelle. Une véritable merveille ! Lorsqu’elle le dégrafa lentement, j’ai bien cru que mes amis allaient exploser dans mes mains tant leur désir était devenu incontrôlable ! Mais, heureusement pour la suite de cette histoire, elle pivota sur elle-même et nous proposa de nouveau son joli postérieur. Ainsi, quand le soutien-gorge s’envola en direction du fauteuil, nous pûmes respirer un peu plus normalement. La tension diminua encore…
Et puis, la voilà qui disparaît de nouveau dans la salle de bains. C’était un jeu machiavélique de sa part ! Cette effrontée n’allait pas tarder à nous faire perdre la tête à tous les quatre !
Les trois hommes en profitèrent pour tenter de retrouver une position plus confortable. A cet instant, nous ne distinguions que les mouvements des ombres et des lumières traçant le déplacement de notre belle joueuse dans sa salle de bains . Moteur . Clap .Prise numéro 2. Action : La belle, pieds nus, ne portant plus que son pantalon de cuir, entra en scène dans la chambre. J’étais fascinée par ses seins, si beaux , si magiques… Enfin, je ne savais plus où poser mes yeux. Il y avait également sa chute de reins… Mon Dieu ! La main sur la taille, elle se débarrassa du pantalon qu’elle fit descendre lentement le long de ses jambes galbées… Quel spectacle ! Elle leva une jambe et envoya valdinguer le pantalon sur le fauteuil, lui aussi. Elle fit glisser sa culotte (quelle magnifique petite culotte, si minuscule..) le long de l’autre jambe et la récupéra d’on geste expert de l’orteil, la jeta du bout du pied et la rattrapa d’une main dans un geste qui était presque attachant.Pas de doute, cette fille était une pro de l’effeuillage !
Maintenant totalement nue, elle se positionna face à ses spectateurs, les jambes légèrement écartées et secoua sa chevelure. Nos respirations difficiles (presque des appels au secours) pouvaient s’entendre à 100 mètres à la ronde ! Heureusement que la chambre était bien insonorisée ! D’un seul coup, d’un geste rapide et pourtant gracieux, elle tendit la main et coupa la lumière ! Cut / Noir Complet / fin de la scène.
C’est le moment que choisit un des trois compères pour asperger ma main de sperme brûlant.
Dans la chaleur moite de notre chambre, un lourd silence s’installa. L’homme qui était à ma gauche se soulagea à son tour et nous gratifia d’un Aaaaaaaaaaaaaaa magnifique. Après quelques minutes seulement, la voix du directeur s’éleva.
-Bon sang ! Quel spectacle !
-Cette fille est une bombe ! lança son complice d’une petite voix fluette.
-Une bombe atomique, rectifia son voisin. Je suis totalement irradié !
Le directeur sourit et se redressa.
-Bon, maintenant, il va nous falloir attendre la deuxième séance. Je propose que nous nous restaurions… Histoire de reprendre nos forces.
Nous fîmes honneur au joli buffet préparé par notre hôte en demeurant silencieux. Dans la tête de chacun d’entre nous, défilaient encore les images des scènes que nous venions de vivre. Comme des bons cinéphiles, nous les décortiquions presque plan par plan , recherchant le détail de mise en scène, le cadrage ou la lumière qui nous avait particulièrement retourné les sens. Tout d’un coup, l’un des deux amis du directeur se redressa pour lancer :
-Mais, cher ami (il s’adressait au directeur de l’hôtel) ne me dites pas que ces magnifiques moments de cinéma n’ont pas étés enregistrés, conservés comme ils le mérite ?
-Non, répondit le directeur, avant d’avaler la quasi totalité de sa flûte de champagne.
-Mais enfin, c’est impensable, reprit l’autre. A notre époque, tout de même. Avec notre technique avancée, nos ordinateurs !
-Les techniques avancées, comme vous dite, mon cher, je me les carre quelque part !
La brutalité et la vulgarité de sa réponse nous étonnèrent . Il rétablit la situation en se fendant d’un petit sourire.
- Je ne suis pas un collectionneur, mais un simple amateur. Je veux simplement jouir du moment présent..
-Tout de même, tout de même… Dit l’autre homme
-Rien à faire, reprit le directeur. Vous me voyez à 80 ans, me repassant sans relâche les images d’un bonheur perdu, comme un collectionneur de cartes postales ! Je suis un épicurien, pas un gardien de bibliothèque. Sur ces mots, il s’empa ra de son précieux téléphone portable et se mit à chuchoter.
Comprenant qu’ils touchaient là à un point sensible, que leur ami avait déjà longuement réfléchi à la situation, les deux autres n’insistèrent pas. Quant à moi, je comprenais la réaction de mon hôte et je savais bien que l’amateur ne se nourrit que du présent et qu’il n’a que faire du passé, composé ou décomposé.
Plus tard, nous avions à peine achevé ce pantagruélique « en cas » que le directeur posa enfin son téléphone.
-Bon, voila les nouvelles. Je sais que notre belle actrice a commandé un thé à la réception avant de monter dans sa chambre. D’après elle, impossible de trouver le sommeil sans son thé de Ceylan.
-C’est charmant, fit un des deux amis.
-C’est surtout une bonne nouvelle pour nous, renchérit le directeur. Cela veut dire qu’elle ne va pas se coucher immédiatement après son bain.
-Ho ! Ho ! Il y aura bien une deuxième séance, jubila l’autre.
-Oui, approuva le directeur, mais dans cette scène-là, il y aura deux personnages.
Il me fixa, les yeux mi-clos, la bouche grande ouverte.
-J’ai compris, dis-je en souriant à mon tour. C’est moi qui vais lui apporter son thé de Ceylan.
Pendant que ses deux acolytes se frottaient déjà les mains en pensant à ma future prestation, le directeur me chuchota à l’oreille.
-Je suis sûr que vous vous montrerez à la hauteur…. Ne pensez pas aux spectateurs.
-Facile à dire..
-Vous savez comme j’aimerai être à votre place.
(Il désigna les deux autres, d’un coup d’oeil)
-Comme nous aimerions tous les trois être à votre place..
Les deux hochèrent la tête en cadence.
Je pris une grande et profonde respiration, me levai et me dirigeai vers l ‘unique miroir de la chambre. Une petite séance de maquillage s’avérait plus que nécessaire.
Quelques minutes plus tard, une vraie femme de chambre apporta le fameux thé . Je saisis le plateau. Le trio épiait le moindre de mes gestes. Je ne me rappelle aucun des mots qu’ils prononcèrent ni la teneur de leurs encouragement et me retrouvai seule, dans le couloir qui menait à la chambre de la star. En moi-même, je pensai : une fois en situation, fais bien attention à ne pas regarder en direction du miroir sans tain, joue ta scène comme tu en a déjà joué tant. Oui, joue ta scène… Joue ta scène sans te préoccuper du reste… Facile à dire.
Quand la porte s’ouvrit, je la découvrais vêtue d’un kimono court en soie orange qu’elle n’avait pas noué et qui pendait avec ses manches à mi-avant-bras et le bas à mi-cuisses. Elle me fit un grand sourire et s’effaça pour me laisser pénétrer dans la chambre. Un dragon vert s’enroulait dans son dos. De la découvrir enfin, devant moi, bien en chair, ses jolis petits pieds, nus, sur la moquette aux motifs chamarrés, fit grimper ma température interne de plusieurs degrés. Elle se laissa tomber avec grâce dans le grand fauteuil et tenta sans enthousiasme de nouer son kimono. Elle n’avait toujours pas ouvert la bouche lorsqu’elle m’invita d’un geste à poser le tableau sur la table basse. Mais, je me contentai du langage de son corps.
Je déposai le plateau et m’apprêtait à servir le thé. Je ne savais absolument pas si ma fonction m’obligeait à faire ce geste, mais qu’importe. Je le faisais en me disant que j’aurai bien mérité quelques minutes de répétition avant le tournage. Elle s’amusa de mes gestes un peu gauches et un petit sourire malicieux vint s’immiscer sur son visage.
-Il y a longtemps que vous êtes employée dans cet hôtel ? Me demanda-t-elle en constatant que je venais de verser quelques gouttes de thé sur la soucoupe.
Dans ma tête, je la remerciai secrètement de ne pas avoir employé (volontairement, je pensai) la dénomination de « femme de chambre ».
-Non, je débute, madame.
-Alors, apprenez que le thé mérite d’être infusé quelques minutes avant d’être versé dans la tasse, dit-elle sans se départir de son sourire.
Totalement paralysée par le trac, j’avais oublié cette étape essentielle ! Je m’en voulais d’avoir été si sotte ! Elle devait probablement me prendre pour une ignorante.
C’est sa faute, après tout ! Juste avant que je me lance dans mon service, son kimono s’était ouvert, révélant un éclair de l’intérieur de sa cuisse, une ombre des muscles de son ventre.
-Laissez-moi faire, reprit-elle en attrapant la théière. J’adoptai aussitôt l’attitude servile d’une domestique ; les mains jointes, la tête basse. lorsqu’elle se pencha pour essuyer la soucoupe avec une petite serviette, j’imaginai ses jolis seins frôlant le tissu soyeux du kimono. Lorsqu’elle se redressa pour m’adresser de nouveau la parole, j’étais totalement hébétée, comme dans un rêve, incapable de répéter les mots qu’elle venait de me glisser. Je fut surprise de constater que sa bouche était maintenant à quelques centimètres seulement de mon oreille… J’ouvris de grands yeux lorsqu’elle me glissa de nouveau :
-Combien sont-ils derrière cette glace ?
Je ne sais pas combien de temps il m’a fallu avant de lui répondre :
-Trois.
Je vis que son kimono avait glissé plus bas, sur ses hanches,et qu’il ne cachait plus grand-chose.
-Alors, donnons-leur le spectacle qu’ils méritent.. Chuchota-t-elle encore, en approchant ses lèvres…
(A suivre)
Lorsqu’elle balança enfin le portable sur le lit, les trois se redressèrent ensemble. Elle disparut dans la salle de bains, comme une ombre qui se glisse furtivement dans la nuit. Nous avions toujours l’image mais, dans le petit carré éclairé de la salle de bains, nous ne distinguions tour à tour, qu’une jambe, ou un bras qui apparaissait , comme dans un kaléidoscope d’enfant.
-C’est fichu, grogna un des trois hommes. Elle va prendre un bain.
-Mais, non, répondit le directeur, elle va revenir se déshabiller, tu verras .
On sentait dans le ton de sa voix qu’il priait en son for intérieur pour que le miracle se réalise. Et, il se réalisa ! Elle revint dans la pièce et notre écran s’illumina de nouveau. Elle portait toujours son magnifique pantalon mais elle avait abandonné le chemisiser dans la salle de bains. Quatre regards brûlants de fièvre se posèrent ensemble sur le soutien-gorge de la belle. Il n’était que dentelle ! Pendant que je cherchai dans quel magasin j’avais pu apercevoir ce modèle, me promettant de l’acheter au plus vite, les trois hommes s’occupaient eux, du contenant ! Ses beaux tétons pointaient gentiment entre les entrelacs de la dentelle. Une véritable merveille ! Lorsqu’elle le dégrafa lentement, j’ai bien cru que mes amis allaient exploser dans mes mains tant leur désir était devenu incontrôlable ! Mais, heureusement pour la suite de cette histoire, elle pivota sur elle-même et nous proposa de nouveau son joli postérieur. Ainsi, quand le soutien-gorge s’envola en direction du fauteuil, nous pûmes respirer un peu plus normalement. La tension diminua encore…
Et puis, la voilà qui disparaît de nouveau dans la salle de bains. C’était un jeu machiavélique de sa part ! Cette effrontée n’allait pas tarder à nous faire perdre la tête à tous les quatre !
Les trois hommes en profitèrent pour tenter de retrouver une position plus confortable. A cet instant, nous ne distinguions que les mouvements des ombres et des lumières traçant le déplacement de notre belle joueuse dans sa salle de bains . Moteur . Clap .Prise numéro 2. Action : La belle, pieds nus, ne portant plus que son pantalon de cuir, entra en scène dans la chambre. J’étais fascinée par ses seins, si beaux , si magiques… Enfin, je ne savais plus où poser mes yeux. Il y avait également sa chute de reins… Mon Dieu ! La main sur la taille, elle se débarrassa du pantalon qu’elle fit descendre lentement le long de ses jambes galbées… Quel spectacle ! Elle leva une jambe et envoya valdinguer le pantalon sur le fauteuil, lui aussi. Elle fit glisser sa culotte (quelle magnifique petite culotte, si minuscule..) le long de l’autre jambe et la récupéra d’on geste expert de l’orteil, la jeta du bout du pied et la rattrapa d’une main dans un geste qui était presque attachant.Pas de doute, cette fille était une pro de l’effeuillage !
Maintenant totalement nue, elle se positionna face à ses spectateurs, les jambes légèrement écartées et secoua sa chevelure. Nos respirations difficiles (presque des appels au secours) pouvaient s’entendre à 100 mètres à la ronde ! Heureusement que la chambre était bien insonorisée ! D’un seul coup, d’un geste rapide et pourtant gracieux, elle tendit la main et coupa la lumière ! Cut / Noir Complet / fin de la scène.
C’est le moment que choisit un des trois compères pour asperger ma main de sperme brûlant.
Dans la chaleur moite de notre chambre, un lourd silence s’installa. L’homme qui était à ma gauche se soulagea à son tour et nous gratifia d’un Aaaaaaaaaaaaaaa magnifique. Après quelques minutes seulement, la voix du directeur s’éleva.
-Bon sang ! Quel spectacle !
-Cette fille est une bombe ! lança son complice d’une petite voix fluette.
-Une bombe atomique, rectifia son voisin. Je suis totalement irradié !
Le directeur sourit et se redressa.
-Bon, maintenant, il va nous falloir attendre la deuxième séance. Je propose que nous nous restaurions… Histoire de reprendre nos forces.
Nous fîmes honneur au joli buffet préparé par notre hôte en demeurant silencieux. Dans la tête de chacun d’entre nous, défilaient encore les images des scènes que nous venions de vivre. Comme des bons cinéphiles, nous les décortiquions presque plan par plan , recherchant le détail de mise en scène, le cadrage ou la lumière qui nous avait particulièrement retourné les sens. Tout d’un coup, l’un des deux amis du directeur se redressa pour lancer :
-Mais, cher ami (il s’adressait au directeur de l’hôtel) ne me dites pas que ces magnifiques moments de cinéma n’ont pas étés enregistrés, conservés comme ils le mérite ?
-Non, répondit le directeur, avant d’avaler la quasi totalité de sa flûte de champagne.
-Mais enfin, c’est impensable, reprit l’autre. A notre époque, tout de même. Avec notre technique avancée, nos ordinateurs !
-Les techniques avancées, comme vous dite, mon cher, je me les carre quelque part !
La brutalité et la vulgarité de sa réponse nous étonnèrent . Il rétablit la situation en se fendant d’un petit sourire.
- Je ne suis pas un collectionneur, mais un simple amateur. Je veux simplement jouir du moment présent..
-Tout de même, tout de même… Dit l’autre homme
-Rien à faire, reprit le directeur. Vous me voyez à 80 ans, me repassant sans relâche les images d’un bonheur perdu, comme un collectionneur de cartes postales ! Je suis un épicurien, pas un gardien de bibliothèque. Sur ces mots, il s’empa ra de son précieux téléphone portable et se mit à chuchoter.
Comprenant qu’ils touchaient là à un point sensible, que leur ami avait déjà longuement réfléchi à la situation, les deux autres n’insistèrent pas. Quant à moi, je comprenais la réaction de mon hôte et je savais bien que l’amateur ne se nourrit que du présent et qu’il n’a que faire du passé, composé ou décomposé.
Plus tard, nous avions à peine achevé ce pantagruélique « en cas » que le directeur posa enfin son téléphone.
-Bon, voila les nouvelles. Je sais que notre belle actrice a commandé un thé à la réception avant de monter dans sa chambre. D’après elle, impossible de trouver le sommeil sans son thé de Ceylan.
-C’est charmant, fit un des deux amis.
-C’est surtout une bonne nouvelle pour nous, renchérit le directeur. Cela veut dire qu’elle ne va pas se coucher immédiatement après son bain.
-Ho ! Ho ! Il y aura bien une deuxième séance, jubila l’autre.
-Oui, approuva le directeur, mais dans cette scène-là, il y aura deux personnages.
Il me fixa, les yeux mi-clos, la bouche grande ouverte.
-J’ai compris, dis-je en souriant à mon tour. C’est moi qui vais lui apporter son thé de Ceylan.
Pendant que ses deux acolytes se frottaient déjà les mains en pensant à ma future prestation, le directeur me chuchota à l’oreille.
-Je suis sûr que vous vous montrerez à la hauteur…. Ne pensez pas aux spectateurs.
-Facile à dire..
-Vous savez comme j’aimerai être à votre place.
(Il désigna les deux autres, d’un coup d’oeil)
-Comme nous aimerions tous les trois être à votre place..
Les deux hochèrent la tête en cadence.
Je pris une grande et profonde respiration, me levai et me dirigeai vers l ‘unique miroir de la chambre. Une petite séance de maquillage s’avérait plus que nécessaire.
Quelques minutes plus tard, une vraie femme de chambre apporta le fameux thé . Je saisis le plateau. Le trio épiait le moindre de mes gestes. Je ne me rappelle aucun des mots qu’ils prononcèrent ni la teneur de leurs encouragement et me retrouvai seule, dans le couloir qui menait à la chambre de la star. En moi-même, je pensai : une fois en situation, fais bien attention à ne pas regarder en direction du miroir sans tain, joue ta scène comme tu en a déjà joué tant. Oui, joue ta scène… Joue ta scène sans te préoccuper du reste… Facile à dire.
Quand la porte s’ouvrit, je la découvrais vêtue d’un kimono court en soie orange qu’elle n’avait pas noué et qui pendait avec ses manches à mi-avant-bras et le bas à mi-cuisses. Elle me fit un grand sourire et s’effaça pour me laisser pénétrer dans la chambre. Un dragon vert s’enroulait dans son dos. De la découvrir enfin, devant moi, bien en chair, ses jolis petits pieds, nus, sur la moquette aux motifs chamarrés, fit grimper ma température interne de plusieurs degrés. Elle se laissa tomber avec grâce dans le grand fauteuil et tenta sans enthousiasme de nouer son kimono. Elle n’avait toujours pas ouvert la bouche lorsqu’elle m’invita d’un geste à poser le tableau sur la table basse. Mais, je me contentai du langage de son corps.
Je déposai le plateau et m’apprêtait à servir le thé. Je ne savais absolument pas si ma fonction m’obligeait à faire ce geste, mais qu’importe. Je le faisais en me disant que j’aurai bien mérité quelques minutes de répétition avant le tournage. Elle s’amusa de mes gestes un peu gauches et un petit sourire malicieux vint s’immiscer sur son visage.
-Il y a longtemps que vous êtes employée dans cet hôtel ? Me demanda-t-elle en constatant que je venais de verser quelques gouttes de thé sur la soucoupe.
Dans ma tête, je la remerciai secrètement de ne pas avoir employé (volontairement, je pensai) la dénomination de « femme de chambre ».
-Non, je débute, madame.
-Alors, apprenez que le thé mérite d’être infusé quelques minutes avant d’être versé dans la tasse, dit-elle sans se départir de son sourire.
Totalement paralysée par le trac, j’avais oublié cette étape essentielle ! Je m’en voulais d’avoir été si sotte ! Elle devait probablement me prendre pour une ignorante.
C’est sa faute, après tout ! Juste avant que je me lance dans mon service, son kimono s’était ouvert, révélant un éclair de l’intérieur de sa cuisse, une ombre des muscles de son ventre.
-Laissez-moi faire, reprit-elle en attrapant la théière. J’adoptai aussitôt l’attitude servile d’une domestique ; les mains jointes, la tête basse. lorsqu’elle se pencha pour essuyer la soucoupe avec une petite serviette, j’imaginai ses jolis seins frôlant le tissu soyeux du kimono. Lorsqu’elle se redressa pour m’adresser de nouveau la parole, j’étais totalement hébétée, comme dans un rêve, incapable de répéter les mots qu’elle venait de me glisser. Je fut surprise de constater que sa bouche était maintenant à quelques centimètres seulement de mon oreille… J’ouvris de grands yeux lorsqu’elle me glissa de nouveau :
-Combien sont-ils derrière cette glace ?
Je ne sais pas combien de temps il m’a fallu avant de lui répondre :
-Trois.
Je vis que son kimono avait glissé plus bas, sur ses hanches,et qu’il ne cachait plus grand-chose.
-Alors, donnons-leur le spectacle qu’ils méritent.. Chuchota-t-elle encore, en approchant ses lèvres…
(A suivre)
6 年 前